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Projet FFEM : Détection précoce des zones favorables aux pullulations acridiennes

 

La réussite de la lutte préventive contre le Criquet pèlerin se heurte depuis toujours à l'étendue des zones à surveiller, à leur accessibilité difficile et récemment aux problèmes d'insécurité. Dans ce cadre, les satellites paraissent particulièrement adaptés pour appuyer les efforts de surveillance. Les premiers  essais d'utilisation des satellites pour suivre les conditions de développement du Criquet pèlerin ont moins de 20 ans. Mais, si la végétation peut effectivement être détectée avec des capteurs à haute résolution spatiale, ces derniers ne peuvent être utilisés (coût, fréquence de passage) pour une surveillance opérationnelle de routine. Les seuls satellites fournissant des informations régulières sont au mieux à moyenne résolution (1 pixel = 250 m de côté). Bien que gratuites, les données issues de ces satellites sont difficiles à interpréter en zone désertique et donnent des informations (des indices dits « de végétation », type NDVI) sur l'activité photosynthétique dont la fiabilité actuelle est faible dans les habitats désertiques du Criquet pèlerin. Dans ces zones, en effet, les biotopes de l'insecte sont soit développés autour de lits d'oueds qui ne représentent qu'un faible pourcentage de la surface totale d'une zone donnée, soit situés dans des milieux plus extensifs mais où le couvert végétal est très réduit (steppes désertiques) et sa distribution hétérogène.


Afin de tenter d'améliorer cet aspect clé de l'alerte précoce, l'équipe d'Acridologie du Cirad est engagée avec le CNLA de Mauritanie dans un projet du Fonds français pour l'environnement mondial (FFEM), mis en œuvre par la FAO (Projet GCP/RAF/422/FRA « Traitement environnemental de la lutte antiacridienne en Afrique de l'Ouest », volet 1 composante 2 « Définir des méthodologies d'exploitation de l'imagerie satellitaire pour des applications directement opérationnelles »). Il s'agit de tester la capacité de détection précoce des conditions favorables à la reproduction et aux pullulations du Criquet pèlerin par l'utilisation de la télédétection spatiale, en perfectionnant les méthodes d'interprétation de cette imagerie satellitaire.


La Mauritanie, dont le territoire renferme une importante zone grégarigène pour le Criquet pèlerin, a été retenue comme zone pilote pour la réalisation des études à entreprendre. De tous les pays dits de la « ligne de front », le Centre National de Lutte Antiacridienne de Mauritanie (CNLA) est actuellement le plus avancé dans la mise en place de la lutte préventive. La station à vocation régionale d'Akjoujt constitue une base fonctionnelle, à proximité des zones d'études, pour collecter les données et valider les résultats.


L'originalité de ces travaux repose sur l'utilisation de l'historique des prospections acridiennes stockées dans la base de données géo-référencées RAMSES de la FAO pour obtenir les informations statiques de présence acridienne, puis de la moyenne résolution multi-date pour obtenir des informations dynamiques sur l'évolution de la végétation. Le croisement de ces différents niveaux d'informations doit servir à la construction d'un modèle mensuel de suivi des zones propices au Criquet pèlerin. L'utilisation de ce modèle à l'intérieur d'un Système d'information géographique (SIG), permettra d'évaluer régulièrement le degré d'expression du potentiel acridien de chaque biotope et de lui associer un degré de risque, à l'échelle de la zone d'étude. Sur les zones pilotes, afin d'augmenter la précision du modèle et affiner la délimitation des biotopes acridiens, des données de haute résolutions sont aussi intégrées. Cette méthodologie pourra ensuite être étendue à toute la Mauritanie et très certainement aux autres aires grégarigènes de la sous-région (Nord Mali/Nord Niger/Sud-Algérie).